Conseil d’Administration : « Les élus ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas !»

Le mercredi 9 février 2022, lors de la séance plénière du conseil d’administration du SDIS 87 le secrétaire général du syndicat FOSIS 87 a interpelé le président et les élus concernant les problématiques de budget et d’effectif de pompiers professionnels.

En effet, lorsque fut présentée la convention pluriannuelle entre le SDIS87 et le Conseil Départemental, nous avons été surpris d’y lire qu’en raison du financement « conséquent » des travaux de casernes (qui par ailleurs n’ont pas encore commencé pour le centre sud), la contribution départementale sera limitée à 1% maximum d’évolution par an ! Lors de sa prise de parole, Nicolas Corneloup a rappelé au Président que l’inflation en 2021 était de 1,6% et qu’aux dires des experts celle du premier trimestre 2022 serait proche des 3%, bien loin de l’évolution attribuée par le Conseil Départemental. Cela impactera forcement la possibilité de création de postes de sapeurs-pompiers professionnels dont le SDIS a tant besoin !

Lorsque le bilan de l’activité opérationnelle de 2021 a été présenté aux élus, une nouvelle fois le syndicat FOSIS 87 a tiré la sonnette d’alarme :  

L‘évolution du nombre d’interventions en 2021, alors qu’un couvre-feu était instauré pour les 6 premiers mois de l’année, fait craindre le pire pour l’année à venir.  En effet, 20 600 interventions représentent un chiffre record jamais atteint sur le département alors qu’aucun phénomène climatique exceptionnel n’est venu artificiellement gonfler les chiffres des sorties. Depuis le mois de novembre 2021, nous n’avons de cesse de dénoncer l’absence d’anticipation du SDIS sur le manque d’effectif en sapeurs-pompiers professionnels.

Afin que les élus comprennent la situation et puissent se représenter ce qu’est le sous-effectif dans les casernes, nous avons évoqué la longue liste des dates et interventions où le SDIS n’était plus efficace règlementairement (délai fixé par le SDACR) et surtout mettait en péril les personnes et les biens autant que les sapeurs-pompiers déployés pour ces missions :

18 décembre :  rue Cruche d’or à Limoges, le fourgon de la Mauvendière demande un fourgon en renfort sur un feu de bâtiment en centre-ville. L’agglomération n’ayant plus aucun pompier de disponible, ce sera le fourgon de Nexon qui viendra avec un délai de 40 minutes, laissant bien seuls les 6 pompiers de la Mauvendière face à un feu non maitrisé. En simultané, afin de porter secours sur limoges, le FPTSR de Saint-Lénoard sera engagé sur la commune de Panazol pour un accident de la circulation (délai 30 / 35 minutes).

Durant le mois de décembre à plusieurs reprises, il faudra en journée le renfort des centres de secours volontaires de Pierre-Buffière, Ambazac, Saint-Léonard, afin de porter secours à des victimes d’accidents ou de malaises en centre-ville alors qu’aucune intervention d’envergure n’est en cours.

Après un début d’année plutôt calme, il faudra attendre le 15 janvier pour de nouveau avoir besoin des ambulances de Pierre-Buffière, d’Ambazac et de Saint-Léonard pour porter secours en centre-ville de Limoges avec bien évidemment des délais extrêmement longs pour les victimes !

Le 18 janvier c’est le fourgon de Martial Mitout qui interviendra sur Nexon pour un feu de maison avéré avec un délai de 35 minutes pour arriver sur place. Durant cette même journée un simple accident grave mobilisera 4 ambulances et un secours routier, ce qui mettra à mal les effectifs, obligeant une nouvelle fois le centre de Saint-Léonard à envoyer ses 2 ambulances sur la commune de Panazol laissant ainsi sa commune vide de tout moyen de secours à personne.

Le 21 janvier c’est Nexon qui viendra renforcer les secours sur Limoges avec son ambulance sur Bosmie-l’Aiguille, alors que Saint-Léonard enverra encore une fois une ambulance sur Limoges pour faire face !

Nous pourrions citer encore les 23 et 26 janvier puis les 4, 7, 8 février. Tout cela pour des interventions courantes, sans missions exceptionnelles qui peuvent mobiliser beaucoup de sapeurs-pompiers en simultané.  

Nous avons constaté, et c’est cela qui est intolérable, que quasi quotidiennement la mobilisation de l’ensemble de nos ambulances et moyens de secours laissait Limoges sans couverture incendie efficace pendant quelques heures.

Nous craignons le pire pour l’avenir et nous avons rappelé aux élus que nous prendrons nos responsabilités en cas de drame !  Maintenant ils ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas !