FOSIS 87 interpelle une nouvelle fois sur le manque d’effectif dans les centres.

Voici le courrier que notre syndicat vient d’adresser à notre directeur suite au feu du 18 décembre rue Cruche d’or en plein centre ville de Limoges au cœur du marché de noël. Lors de ce feu les renforts ont mis plus de 35 minutes pour se présenter !

Objet : Mise en danger de la population et des pompiers

Monsieur le Directeur,

Le samedi 18 décembre 2021 en fin de matinée les secours de Limoges sont appelés pour un feu d’appartement en centre-ville au 9 rue Cruche d’or en plein cœur du marché de noël. Le fourgon de la Mauvendière et l’échelle de Beaubreuil partent en concomitance, on notera l’absence de VSAV au départ des secours, aucun n’étant disponible sur l’agglomération à ce moment-là.  A son arrivée le chef d’agrès au vu des risques de propagation importants et de la localisation du sinistre demande le renfort d’un deuxième fourgon. Malgré les trois engins incendies restant sur l’agglomération, aucun ne peut être déclenché faute de personnel dans les casernes ! En effet, toutes les ambulances de Limoges étaient déjà en intervention accaparant ainsi la quasi-totalité des pompiers de l’agglomération. Ce fut donc le fourgon de Nexon qui fut envoyé en renfort en centre-ville. Celui-ci mettra plus de 35 minutes à se présenter sur les lieux ! Le chef d’agrès du FPTL de la Mauvendière rappellera d’ailleurs le CODIS après plus de 15 minutes d’attente pour savoir où en est sa demande de renfort !

Il est à nos yeux totalement inconcevable que pour un feu en centre-ville de Limoges les renforts puissent mettre plus d’une demi-heure à se présenter.  Cela rentre pleinement dans le cadre de la courbe de « Farmer » sur l’acceptation et la résilience face à un sinistre (courbe de « Farmer » prise en référence pour la réalisation de notre SDACR). Ce qui peut être accepté en milieu rural sur un incendie la plupart du temps isolé et rare, ne peut être toléré dans un centre-ville au vu de la densité de population et des problématiques liées au marché de Noël.  Une nouvelle fois, la population et surtout dans le cas présent nos collègues ont été mis en danger. 

L’analyse que nous faisons de la situation est la suivante :

Dans le cadre des missions qui nous sont dédiées comme le secours à personne, certaines peuvent être substituées par des organismes publics (SAMU), privés (ambulance privée) et associatifs (Croix Rouge, protection civile, etc). Mais aucune organisation ou institution ne peut être appelée pour éteindre un incendie ou désincarcérer une victime à notre place ! Donc, lorsque l’ensemble des moyens de secours à personne sapeurs-pompiers est mobilisé et qu’il ne reste plus assez d’effectifs pour assurer les missions que personne d’autre ne peut faire, il est temps de se poser les bonnes questions et d’envisager d’augmenter les effectifs de nos centres de secours dans Limoges, afin d’assurer nos missions principales non substituables que sont l’incendie et la désincarcération !

Une nouvelle fois nous tirons la sonnette d’alarme sur la situation catastrophique des secours en Haute-Vienne, nous dénonçons le manque d’effectifs en pompiers professionnels et constatons toutes les limites du système défendu par vos services qui est le « Tout Volontariat ».  Cette situation de samedi n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres :

  • Renfort d’un secours routier sur la commune de Panazol par le centre de Saint-Léonard, laissant l’ambulance sans protection ni balisage sur un accident pendant plus d’une demi-heure le 18/12 ;
  • L’ambulance de Nexon venant en premier appel Boulevard Gambetta à Limoges pour porter secours à un piéton renversé le 15/12 ;
  • Le fourgon de Limoges qui part en premier appel sur Bellac pour un incendie ;
  • Etc, etc.

Nous pourrions rallonger cette triste liste avec des exemples, maintenant quotidiens, qui montrent que nous courons à droite et à gauche après les secours en étant tout, sauf sereins !

Nous vous avons déjà averti que nous sommes près à prendre nos responsabilités pour dénoncer la situation et obtenir des secours de qualité sur l’agglomération de Limoges et sur le département de la Haute-Vienne !

Certes les secours ont un prix, mais la vie en a-t-elle un ?  Peut-être que cette vie ne vaut que le 1% d’augmentation du budget de Conseil départemental et le 2% d’augmentation des communes… 

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes salutations les meilleures.

                                                                                  Pour le Bureau FOSIS87

                                                                      Nicolas Corneloup secrétaire général.